Transistor

Je dois avouer quelque chose : mon backlog est si profond que je ne sais plus exactement quelles pépites se trouvent tout au fond, invisibles sous les remous des dernières nouveautés qui viennent se rajouter chaque semaine. Quand Transistor s’est retrouvé gratuit sur l’Epic Games Store, il s’est arraché de la vase pour remonter dans ma mémoire avec tout le bien que j’en avais entendu à sa sortie. Mais surtout avec un nouvel argument de poids : le nom de Supergiant Games, qui entre temps m’a régalé avec l’excellent Hades.

Alors mettez votre plus belle robe de soirée, déchirez le bas et enlevez vos talons pour bouger librement, et c’est parti pour Transistor.

Red is (not) dead

Red est la chanteuse la plus en vue de Cloudbank, une ville futuriste où tout, de l’architecture à la météo, peut être contrôlé sur un simple vote des citoyens via un système informatique appelé le Process. Un soir, en sortant de scène, elle est attaquée par les membres de la Camerata. qui utilisent une étrange et énorme épée, le Transistor, pour sceller sa voix puis tenter de la tuer. Mais son compagnon s’interpose et prend le coup mortel à sa place.

Les cutscenes sont des illustrations fixes, tout simplement sublimes !

Le jeu débute juste après l’attaque. Red et son compagnon ont été mystérieusement téléportés loin de la scène. Le Transistor, ayant assimilé la conscience sa victime, se met à parler avec sa voix. Alors Red ramasse l’arme, bien décidée à se venger. Sauf que le Process est devenu incontrôlable et commence à attaquer la population…

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Transistor est un action-RPG en vue isométrique, qui mêle habilement son univers avec son système de progression et de combat. Au fil de l’aventure, le Transistor pourra absorber la conscience d’autres victimes du Process, qui deviendront autant de nouvelle fonctions utilisables en combat, soit sous leur forme active, soit comme amélioration passive. Un système en apparence assez simple, mais qui offre déjà une belle variété de possibilités et de styles de jeu différents.

Les combats ont lieu en temps réel, mais la barre d’espace permet à tout moment de mettre le jeu en pause active avec la fonction Turn(). On peut alors planifier les prochaines actions, chaque déplacement et fonction consommant plus ou moins du temps disponible. Après quoi les actions planifiés se résolvent en accéléré, puis retour au temps réel le temps que la pause se recharge. L’ensemble donne au jeu une dimension tactique intéressante où il s’agira d’optimiser les actions planifiées pour éliminer un maximum d’ennemis, puis de se mettre à l’abri pendant le temps de recharge.

Comme ça à froid, l’interface du mode Turn() a l’air chargée, mais en jeu c’est très clair et facile à prendre en main !

Autre mécanique intéressante : si nos PV tombent à 0, le jeu nous donne une seconde chance afin d’éviter les Game Over et les retours à un point de contrôle précédent. Si Turn() est disponible, la fonction s’active instantanément pour nous permettre de faire un peu de ménage et de se mettre à l’abri. Sinon, une des fonctions installées devient inutilisable pendant un temps, mais les PV sont restaurés et le combat reprend. On pourra toujours en activer une autre au prochain point de contrôle, en attendant de la récupérer.

Mucha libre

Si Transistor est un bon jeu au gameplay intéressant, c’est avant tout un beau jeu. La direction artistique mêle cyberpunk et art nouveau pour faire de Cloudbank un décor somptueux. On regrette presque de le voir être réinitialisé à des blocs blancs uniformes au fil du jeu par le Process, même si l’effet est très réussi à la fois en termes de visuel et de narration environnementale. Les effets visuels pendant la planification et les différentes attaques sont tout aussi beaux et rendent les combats encore plus satisfaisants.

L’ambiance visuelle du jeu est magnifique, notamment grâce au travail d’éclairage

L’ensemble est entrecoupé de cutscenes en illustrations animées de toute beauté, et qui contribuent pour moi à donner toute sa dimension au personnage de Red, pourtant muet. Mention spéciale à celle qui explique le design du personnage : une magnifique robe de scène, au bas déchiré pour combattre, et recouverte du manteau de son défunt compagnon. Et aussi pour la scène finale, devant laquelle je vous défie de ne pas verser une petite larme…

Sans oublier l’excellente bande originale signée Darren Korb, compositeur attitré de Supergiant Games puisqu’il a également signé celles de Bastion et de Hades. L’ambiance musicale vient très joliment souligner la narration, et se dote de quelques morceaux chantés qu’on imagine facilement être celles de Red dans la diégèse.

En résumé

Pour le joueur : un prélude

Si comme moi vous avez connu Supergiant Games avec Hades, vous retrouverez dans Transistor pas mal d’éléments familiers qui font le style du studio : vue isométrique, illustrations, narration avec voiceover… Sans redite toutefois, puisque l’univers comme le gameplay sont sensiblement différents. Un RPG tactique plaisant à jouer, avec un magnifique enrobage, que demander de plus ?

Pour le daron : une symphonie

Transistor se hisse sans peine dans le pantheon des pépites indé daron-compatibles, avec son gameplay accessible mais satisfaisant et son histoire bien ficelée dont vous pourrez avoir le fin mot en 4-5 heures tout au plus. Le combo direction artistique / bande originale / voiceover désabusé façon film noir en font une expérience dépaysante et étrangement relaxante.

Le mot de la fin

Maintenant, gros dilemme : Bastion (le 1er Supergiant Games) ou Hades II ?