Aujourd’hui, dans la plus belle tradition des darons du monde entier, on va parler d’un jeu qui décroche 2 phrases courtes toutes les 30 minutes, et qui vous laisse vous débrouiller le reste du temps ! Il faut dire que, peut être par nostalgie des jeux des années 90-2000, j’aime beaucoup les jeux qui laissent le joueur explorer, découvrir par lui-même. Alors mettez votre plus beau maillot, trempez un orteil dans l’eau, dites que 26° c’est frais quand même, et plongez avec moi dans l’océan de Subnautica.
Ohé, ohé, technicien abandonné
On y incarne Ryley Robinson, technicien de maintenance des systèmes non-essentiels (sic) à bord de l’Aurora. Alors que le vaisseau manoeuvre autour de la planète 4546B, il est touché par un tir émanant de la surface et s’écrase. Ryley reprend ses esprits à bord de la capsule de survie n°5, et ouvre l’écoutille pour découvrir l’immense carcasse en flammes de l’Aurora au milieu d’un immense océan qui s’étend à perte de vue.
La scène d’introduction introduit avec une efficacité redoutable les principaux thèmes du jeu : la solitude et la galérance !
On va donc faire la seule chose possible : plonger et commencer à explorer les fonds marins à la recherche de ressources qui permettront à Ryley, dans un premier temps, de ne pas mourir de faim ou de soif. Le véritable objectif se dévoile petit à petit au travers de messages radio captés au compte goutte par notre capsule. D’abord des transmissions en provenance d’autres capsules de survie, et dont la recherche sera surtout un prétexte pour explorer plus loin. Ensuite un message du Sunbeam, vaisseau de passage qui a capté le signal de détresse de l’Aurora et fait route vers 4546B pour recueillir les survivants. Se rendre au point de rendez-vous sera l’occasion d’en apprendre plus sur cette étrange planète et pourquoi l’Aurora a été abattu. Enfin, un dernier message révélera que les plans d’une fusée de secours se trouvent dans la cabine du capitaine sur l’Aurora, dévoilant ainsi l’objectif final : se procurer ces plans, construire la fusée et quitter cette fichue planète.
Sous l’océan
Subnautica est un jeu de survie à la première personne. On y retrouve la boucle de gameplay classique du genre : explorer son environnement pour récolter des ressources, et ne pas mourir. Ce dernier objectif nécessitera de surveiller évidemment des points de vie, mais aussi des jauges de faim et de soif, et enfin une jauge d’oxygène lors des plongées. Avec les ressources récoltées, on peut construire de nombreux objets pour se faciliter la vie et permettre de pousser l’exploration plus loin. Dans Subnautica, cela passera principalement par des véhicules améliorables pour résister à des profondeurs de plus en plus abyssales.
Les faucheurs léviathans deviendront rapidement votre pire cauchemar !
Et plus on explore profond, plus on découvre une autre composante du jeu : l’horreur. Car 4546B est peuplée de diverses créatures parmi lesquelles d’immenses prédateurs face auxquels la fuite sera l’unique recours. Il sera alors nécessaire de se faire discret ou de faire le plein de leurres. Le mélange des genre fonctionne à merveille, car il ajoute à une base qui peut sembler répétitive (sortir d’un abri, collecter des ressources, rentrer, construire, recommencer) une tension palpable.
Petit bémol toutefois sur la jouabilité : le FPS n’est déjà pas le genre le plus accessible, à fortiori à la manette. Si le choix peut être justifié par l’immersion, devoir viser les objets avec le réticule pour les ramasser rend les interactions difficiles et parfois frustrantes. Le ciblage étant d’ailleurs très peu permissif (il faut vraiment viser droit sur l’objet), attraper quelque chose qui bouge comme une ressource en train de couler ou un poisson peut être un vrai calvaire…
1800m sous les mers
S’il y a bien une chose que j’ai aimé ressentir en jouant à Subnautica, c’est le plaisir de la découverte. Les fonds marins de 4546B sont sublimes, et chaque biome a ses particularités qui le rendent à la fois identifiable et unique. Ce qui permet à la fois de se repérer dans l’espace en se basant sur les biomes rencontrés dans différentes directions à partir d’un point de repère (capsule de départ, base…), mais aussi de mémoriser plus facilement dans quel biome se trouve quel ressource, ou lesquels sont calmes et lesquels abritent des prédateurs.
La forêt d’arbres-champignons, peuplée de pacifiques raies-méduses bioluminescente, est un enchantement à visiter de nuit.
Subnautica parvient à créer ce même plaisir dans sa narration et ses objectifs. Et c’est plutôt classique de laisser plein de questions sans réponse dans la scène d’introduction (Quelle est celle planète ? Qui a tiré sur l’Aurora ?), ça l’est beaucoup moins de laisser le joueur s’en poser une qui prend le pas sur toutes les autres :
Et maintenant, je fais quoi ?
La grande force de Subnautica, c’est de brillamment doser le niveau d’information à disposition pour pousser le joueur à trouver ses propres réponses sans le laisser sur le carreau trop longtemps. On commence perdu au milieu de l’océan ? La présence de jauges pour la faim et la soif nous pousse à trouver dans un premier temps de quoi manger et boire. Puis on reçoit un premier message radio, alors on va chercher la capsule qui l’a émis. On y découvre généralement les plans d’un nouvel équipement à fabriquer, et donc un nouvel objectif consistant à trouver et rassembler les matériaux requis. Pour ma part (et je pense pour beaucoup de joueurs), je me suis fixé très tôt l’objectif d’explorer l’énorme épave de l’Aurora qui se trouve juste sous mon nez. Les radiations sont dangereuses ? Nouvel objectif : fabriquer une tenue anti-radiations. Des portes fermées ? Fabriquer un découpeur laser. Finalement, lorsque le dernier message radio est arrivé, j’avais déjà exploré la majorité de l’épave et déblayé la route menant à la cabine du capitaine.
On peut aussi décider de ne jamais repartir et de s’installer confortablement sur 4546B !
La deuxième partie du jeu exploite à fond cette mécanique de découverte : les messages radio se font plus rares, et l’objectif consistant à construire une fusée demande de nombreuses ressources rares qu’il faudra d’abord découvrir. Le level building prend alors le relais pour servir de guide, car à ce stade le joueur s’est certainement déjà heurté à une limite de profondeur, ce qui crée le nouveau méta-objectif de construire et améliorer tous les véhicules possibles afin d’atteindre la profondeur maximale, où l’on trouvera enfin les dernières ressources et les dernières informations requises pour terminer le jeu.
En résumé
Pour le joueur : généreux
Subnautica est un jeu qu’il faut aimer découvrir. Cela passe par accepter de ne pas toujours savoir quoi faire ensuite, et tolérer une jouabilité pas toujours évidente. Mais passées ces deux barrières, le jeu est extrêmement généreux à la fois en lore (outre l’histoire principale, on peut scanner la quasi-totalité de la faune et de la flore juste pour le plaisir de jouer les biologistes marins !) et en possibilités de gameplay. Personnellement, j’ai terminé le jeu à partir d’une petite base 3 pièces, mais on peut trouver sur Youtube des complexes sous-marins titanesques avec jardins cultivés et aquariums exposant des spécimens de chaque espèce rencontrée !
Pour le daron : une aventure
S’il faut éviter de se faire avoir par l’absence de sauvegarde automatique (vécu…), le découpage de Subnautica en micro-objectifs que l’on se fixe soi-même le rend très adaptable à des sessions de jeu de durée variable. Une vingtaine de minutes devant vous ? Profitez-en pour refaire le plein de nourriture et d’eau pour la prochaine fois. Une bonne heure de tranquillité ? C’est parti pour l’exploration de l’Aurora ! Il y a toujours quelque chose à faire pour avancer, même d’un petit pas, ou pour se préparer à de futures explorations. L’histoire principale vous occupera bien 20-30 heures assez intenses, surtout vers la fin où il faudra explorer les grandes profondeurs peuplées d’immenses prédateurs. Mais les possibilités de constructions constituent aussi un formidable bac à sable pour une expérience plus relaxante !
Le mot de la fin
Lorsque l’on quitte enfin 4546B, on a la possibilité de laisser une capsule temporelle pouvant être trouvée plus tard par un autre joueur. Je terminerai par le message laissé par TheGreatReview (oui, encore lui, je l’aime bien) à la fin de sa partie :
J’ai maudit cette foutue planète à chaque foutue seconde que j’ai passé dessus. Mais au moment de partir, la seule chose que je veux, c’est rester.